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FLASH HEBDO S12

 

COVID-19

IMPACT

· FLASH HEBDO COVID19

L'arrivée du COVID-19 en France impacte considérablement la grande distribution.

En début de crise, par peur de pénurie sur les produits de première nécessité, un grand nombre de consommateurs se sont empressés de faire leurs courses, ou plutôt de faire du "stock".

IMPACT COVID-19 SUR LE MARCHE DES PRODUITS GRANDE CONSOMMATION

La croissance du secteur s'est envolée et plus particulièrement celle du circuit E-Commerce GSA (Drive et Livraison à domicile) plébiscitée par son côté sécuritaire. Depuis le dernier weekend de février, une forte croissance des ventes est constatée par rapport à l’an dernier, +7,6% sur le total PGC HM+SM et +17,1% sur l’E-commerce GSA.

Soutenue par les catégories de "stockage" ou l’on enregistre sur ce même weekend de très fortes évolutions en E-commerce notamment, plus de 126,8% pour les plats cuisinés, suivis par les légumes secs, les farines, le riz, les pâtes alimentaires…

Toujours sur ce même circuit (E-Commerce GSA), les ventes de PGC-FLS ont progressé de +14,5% en une semaine (S10 vs S9), puis un ralentissement se fait sentir en fin de semaine 10.

Source : IRi Scan de l’info - IRI Liquid Data, évolution CA du cumul vendredi 28 février + samedi 29 février + dimanche 1er mars 2020 vs vendredi 1er mars + samedi 2 mars + dimanche 3 mars 2019 / IRI Liquid Data, E-Commerce GSA – Evol. CA semaine fin 8 mars vs semaine fin 1er mars 2020

Suite aux déclarations officielles du Président de la République faisant prendre conscience à toute la population de l'obligation de se confiner pour ralentir la propagation du virus, le ralentissement des ventes constaté en fin de S10 et poursuivi en S11 a complètement été remis en cause.

Avec encore plus de frénésie, les consommateurs se sont à nouveau rués dans les grandes surfaces pour se préparer à vivre une quarantaine. De même pour les Drives, déjà bien sollicités depuis le début de la crise, ont eux aussi été victimes de l'effet sur la population des mesures du gouvernement.

Quelle est l'évolution de la situation en terme d'offre? Quelles sont les catégories, les régions, les enseignes les plus touchées? Décryptage de DataSolutions RetailExplorer sur les ruptures de l'offre.

Sources : DataSolutions-RetailExplorer, circuit DRIVE / Produits en vente sur site / Produits signalés indisponibles sur site / Produits déréférencés depuis moins de 10 jours / Période 28/02/2020 - 17/03/2020

RUPTURE DE L'OFFRE

Les catégories de première nécessité circuit Drive 28/02 - 17/03

Les différentes catégories de produits enregistrent de forts taux de rupture d'offre durant cette période.

Le taux de rupture de l'épicerie Salée à 24% au 17 mars est en progression de 11,53 pts depuis vendredi dernier (13 mars), suivi par l'épicerie sucrée à 20% (+8,82 pts) et l'hygiène à 18% (+6,83 pts).

infographie + tableau

Les Drives de France sont en grande difficulté pour faire face à la forte demande des consommateurs.

Les achats d'hygiène et de stockage sont les segments de l'offre qui pèsent le plus dans leurs taux de rupture. Nous avons choisi de faire un focus sur les catégories de produits qui enregistrent plus de 25% de rupture au 17 mars 2020.

Les produits d'hygiène et d'alimentation de base sont les plus plébiscités pendant cette période. Les gels antibactériens sont victimes des circonstances sanitaires avec 85% de rupture, suivis par les nettoyants ménagers à 50%, le papier toilette et les savons à 40%.

Les denrées alimentaires les plus "stockées" sont les féculents avec les pâtes alimentaires qui affichent un taux de rupture de 49% et le riz 46%, suivis par les farines 39%, le lait longue conservation 37% et les conserves de légumes 32%.

70% des Drives sont en picking (collecte des produits en magasin), ces taux de ruptures élevés corroborent et révèlent parfaitement l'état des rayons des supermarchés en ce moment.

Les distributeurs ont de plus en plus de mal à remplir leurs points de ventes. Toute la supplychain est en souffrance, non pas par manque de marchandises mais par manque de ressources logistiques, de personnel.

Au delà de la rupture, l'offre de produits disponibles est de plus en plus faible, il y a de moins en moins de choix dans les rayons. Une fois la crise passée, il y aura un énorme travail d'assortiement et de reconstruction de l'offre, pour que les industriels retrouvent leurs références en points de ventes.

La France n'est pas touchée de façon homogène par ces ruptures de l'offre. Au 17 mars, 50 départements ont atteint un taux de rupture supérieur 35%. En effet les régions Rhône-Alpes (44% de taux de rupture), Ile de France (42%), Midi-Pyrénées (40%) sont les plus touchées sur ces catégories de produits. Au niveau départemental c'est le Val d'Oise et l'Ain qui enregistrent le plus gros taux avec 48% et une progression de respectivement 17 pts et 18 pts sur les 5 derniers jours (13/03). Sans grande surprise, les régions fortement touchées par le COVID-19 (Ile de France - Rhône Alpes) voient leur taux de ruptures monter en flèche.

Les catégories d'hygiène et de "stockage" dépassant les 25% de rupture au 17 mars 2020

Au delà d'être les plus rupturistes, ces catégories voient leur taux de rupture évoluer de près de 19 pts en moyenne sur tout le territoire depuis le 13 mars (17% au 13/03 contre 36% au 17/03).

Deux phénomènes se conjuguent, le taux de rupture et de l'évolution de l'offre disponible, révèle une même physionomie sur ces catégories : L'offre est de moins en moins large, et les ruptures de plus en plus forte sur les produits qui restent. Seul gels antibactériens avec seulement +6 pts en rupture et -36% de perte de produits disponibles montre une rupture quasi totale (85% de rupture) sur la catégorie.

En 5 jours elles enregistrent des progressions records du taux de rupture (+18,86 pts en moy.) et voient leur offre produit chuter de 14,65% en moyenne.

Les enseignes de distributions et leurs centrales d'achat ont elles toutes les mêmes évolutions témoignant des mêmes pratiques d'achat et d'organisation de la supplychain ?

La situation est très compliquée pour les distributeurs, l'équation à résoudre entre la forte pression de la demande des consommateurs et les problèmes de logistique par manque de personnel, est quasi insoluble. D'ailleurs l'enseigne Colruyt (Collect&Go) a décidé de fermer ses Drives pour rester concentrée sur ses magasins.

C'est ChronoDrive qui détient le plus gros taux de rupture avec un peu plus de 57%. Nous retrouvons, ensuite, AuchanDrive, Leclerc Drive et Intermarché avec respectivement 53%, 51% et 49% de rupture.

L'enseigne qui a enregistré la plus grosse évolution de son taux de rupture est aussi ChronoDrive avec une progression de 30 pts, suivi par Intermarché Drive avec une croissance de 28 pts de rupture. Mais la seule analyse du taux de rupture n'apporte qu'un "classement" sans lien de cause à effet avec les ventes, et l'évolution de l'offre disponible.

Au regard de l'évolution de la rupture et de l'offre en Drive, les enseignes n'ont pas toute la même stratégie, et les effets sur la rupture s'en trouvent changés.
Lorsqu'une forte demande pèse sur une catégorie, nous constatons que les enseignes ayant les plus faibles progressions de rupture sont celles qui ont su augmenter ou tout au moins maintenir leur offre produit. A contrario les plus fortes baisses d'assortiment sont corrélées avec les plus gros taux de rupture. Par exemple sur les pâtes alimentaires, les marques "best-seller" sont en rupture, des produits de remplacements sont approvisionnés pour combler l'unité de besoin. L'effet est immédiat, le taux de rupture de la catégorie baisse.C'est la pratique de Carrefour (entre autres), qui limite ainsi l'évolution de son taux de rupture (+13 pts sur les 5 derniers jours) en freinant la diminution de son offre produit -6% (versus le 13/03).

A l'inverse les enseignes comme ChronoDrive, Intermarché, LeclercDrive, CoraDrive... voient leur taux de rupture augmenter et parallèlement leur disponibilité de produit à la vente diminuer de façon proportionnelle.

Le situation est inédite, et changera certainement le comportement des consommateurs en grande distribution.

Le Drive qui jusqu’à présent était utilisé par 25,5% des ménages (sources Kantar CAM 09/2029), va progresser très fortement et rester dorénavant bien au dessus des 30% et même au delà sur certaines catégories. Dans le contexte actuel, l’attitude des consommateurs (frénésie du stockage) ne permettra jamais de répondre à 100% de la demande Drive, mais elle montre l’agilité de certaines enseignes qui réagissent rapidement en augmentant l’assortiment des catégories concernées. Cette adaptabilité et réactivité vont sans aucun doute rester ancrer dans la tête des consommateurs pour longtemps, car tout un chacun se souviendra du distributeur qui a su l'aider dans ce moment. Le week-end dernier, toutes les enseignes ont appelé au calme, en précisant qu’il n’y aurait pas de pénurie, mais que la situation implique des "couaks" et ratés incompressibles le temps de s'adapter. Nous tenons à saluer tous les efforts des équipes de la grande distribution qui sont à pied d'oeuvre pour réussir à nous servir.

Les distributeurs qui auront su réagir, c'est à dire réussir à mettre en oeuvre la seule solution à date qui est l'approvisionnement de produits (réappro ou remplacement) seront présentes dans l'inconscient collectif et deviendront incontournables sur le circuit Drive.

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